Je suis née pour être moi. Mais, qui suis-je au juste ? Je suis la fille de mes parents et la sœur de mon frère, mais ma famille n’est qu’un fragment de mon identité. Je suis terrienne, européenne et française, mais ma nationalité n’est qu’un autre fragment de mon identité.
Lorsque nous voulons décrire qui nous sommes, nous parlons de notre famille, de notre travail, de nos origines, de notre lieu de vie ou de naissance … Mais, l’ensemble de ces choses ne nous définissent pas vraiment car elles ne nous appartiennent pas vraiment non plus. Ce sont des choses qui sont, mais que nous n’avons pas forcément choisi.
Certaines parties de nous sont aussi des choses existantes mais que nous n’avons pas choisi non plus. Nous n’avons pas choisi la forme de notre corps, ni celle de notre visage ainsi que le reste de notre apparence. D’ailleurs, même notre apparence ne peut nous définir car nous changeons plus ou moins au fil du temps.
Si certains fragments de notre identité ne cessent d’évoluer, nous ne pouvons définir notre identité de manière définitive. Car, la personne que nous sommes aujourd’hui ne peut se définir qu’en fonction de notre vie actuelle. Puisque notre vie aura plus ou moins changé dans 5 ou 10 ans, notre identité changera également.
Lorsque nous analysons cela, nous prenons conscience que la question « Qui suis-je ? » n’a pas tellement de sens puisque la réponse finira toujours par changer. Il est donc inutile de s’obstiner à vouloir répondre à cette question.
Je pense que le plus utile pour chacun.e d’entre nous est de se demander : suis-je heureux.se ? Si la réponse est positive, restons tel.le que nous sommes. Et si elle est négative, faisons les changements nécessaires. De plus, il est plus facile de définir notre niveau de bonheur que notre identité. Et je dirai même que notre identité se construit en fonction de notre niveau de bonheur.
En lisant le livre Accomplir Sa Mssion de Dan Millman, j’ai été interpelée par une phrase :
« Sortez du gouffre et gravissez la montagne. »
Lorsque nous cherchons à savoir qui nous sommes, nous devons creuser au fond de nous. Nous pouvons alors prendre le risque de sombrer dans un gouffre. Mais, lorsque nous cherchons à être heureux.ses, nous ne cessons de gravir la montagne, même si de temps en temps nous tombons. Et lorsque nous tombons, nous nous relevons plus fort.e.s et plus fièr.e.s.
C’est au travers de nos erreurs et des tempêtes de la vie que notre bonheur est mis à l’épreuve. Et c’est dans cette mise à l’épreuve que nous apprenons à nous connaître. Car, ce n’est qu’en expérimentant que nous pouvons apprendre des leçons en étant sûr.e.s de ne pas les oublier. C’est la somme de nos expériences qui nous permettent le mieux de nous définir en tant que personne.
Car, si nous sommes courageux.ses, c’est parce que nous avons connu la peur et les doutes. Si nous sommes fort.e.s, c’est parce que nous avons été faibles, trahi.e.s, blessé.e.s ou déçu.e.s. Si nous sommes reconnaissant.e.s de ce que nous avons aujourd’hui, c’est parce que nous avons connu le manque ou la perte.
Nos expériences font de nous ce que nous sommes. Elles font ressortir le meilleur de nous autant que le pire. Notre identité se forge donc autant au travers de nos choix que leurs conséquences.
Nous avons le choix de devenir la meilleure ou la pire version de nous-même. Notre identité n’est donc pas à définir car elle consiste à devenir qui nous sommes au fond de nous ; et cela, tout en parcourant notre chemin vers le bonheur dont la définition est en constante évolution, tout comme nous.