Né.e Pour Être Moi #76

Je me sens tel un papillon apprenant à maîtriser ses ailes.

Depuis quelques temps, je me sens de nouveau maîtresse de ma vie. Mais surtout, je me sens à ma place dans celle-ci. Pendant longtemps, je me sentais perdue comme si je n’avais aucun contrôle sur ma vie. En fait, j’apprends simplement à devenir une adulte.

C’est vrai que je m’imaginais l’âge adulte autrement. Je pensais que tout serait plus simple avec plus d’indépendance. Et au final, il s’avère qu’apprendre à voler de ses propres ailes est quelque chose de troublant. Car si je m’effondre, qui me rattrapera ? En écrivant cette question, je me rends compte combien elle est lourde de sens …

Cette phrase reflète certaines de mes peurs et en même temps, elle me montre combien de fois j’ai été rattrapée par des personnes de confiance, combien de fois j’ai réussi à me relever seule. Alors quoiqu’il arrive, et qu’importe l’intensité de mes peurs, j’ai vécu pire alors je vais m’en sortir.

Je sais que je suis pleine de ressources. A chaque problème, une solution finie par devenir évidente. A chaque larme, un sourire est toujours prêt à resplendir. A chaque colère, une source de paix se révèle en moi. Je sais qu’il en est de même pour chacun.e d’entre nous.

Nous sommes tou.te.s une grande famille dans ce bas monde. Celles et ceux qui ne le reconnaissent pas vivent dans un mensonge. Car à la fin de l’Histoire, ce sera Notre Histoire que l’on racontera. Il n’y aura plus ni mon histoire ni les vôtres. Il ne restera que la Nôtre.

Alors que signifie nos statuts, nos réussites, nos rêves et nos espoirs ? Bien sûr qu’ils sont importants, mais si l’on vivait plus pour le Nous et moins pour le Je, le monde serait plus beau. Toutes ces personnes seules, désemparées, sans cesse dans le manque et les problèmes .. si on leur tendait la main, elles auraient enfin une part d’espoir.

Lorsque nous sommes perdu.e.s, nous aimons que les autres nous tendent la main. Pourquoi est-ce si difficile d’aller vers celles et ceux que nous préférons ne pas voir ? Faire semblant qu’elles ne sont pas là, cela ne les efface pas pour autant.

Elles souffrent de notre manque d’attention envers elles. Elles existent autant que nous, elles ont les mêmes droits que nous. Ce n’est pas parce que la Société souhaiterait les balayer que nous devons agir de même.

Nous pouvons croire que nous n’avons ni le temps ni les ressources nécessaires pour tendre la main à celles et ceux qui en ont pourtant plus besoin que nous. Malgré tout, un sourire peut changer une journée voire même une vie. Personne n’est trop pressé ou trop dépourvu pour faire un sourire ou simplement dire « bonjour ».

Certes, nous avons appris depuis tout petit à ne pas parler aux inconnus. Mais, si en osant franchir le pas, on sauvait une vie ? Nous ne savons pas ce que les personnes vivent ni comment elles le vivent. Un sourire et un bonjour peuvent illuminer leurs cœurs suffisamment longtemps pour leur permettre d’arrêter de sombrer dans le désespoir.

Et il est également facile de les juger. Mais croire que nous valons mieux qu’elles, ne fait qu’aggraver la situation. Si on prenait le temps d’écouter leur histoire, on finirait probablement par nous rendre compte qu’elles avaient la même vie que nous, et parfois même, une vie plus aisée que celle que nous menons.

Nous ne valons pas mieux que celles et ceux qui dorment dans le froid, sous la pluie ou après des coups, des insultes et des menaces … Nous pourrions très bien être à leur place. Peut-être même que certains d’entre nous finirons dans ce genre de situation. Alors cessons de nous juger et de nous ignorer.

Ne devenons pas ces êtres sans cœur ni âme que les ténèbres souhaitent nous voir devenir. Mais, soyons ces êtres lumineux remplis d’Amour, de Bienveillance et de Respect afin qu’elles perdent en puissance et disparaissent.

Nous sommes Un. Nous sommes un grand Nous malgré nos petits Je. Apprenons à prendre soin les uns des autres. Nos amis étaient des inconnus auparavant alors arrêtons d’avoir autant peur des inconnus.

Nous pouvons nous méfier sans pour autant nous éviter. Mettons-nous plus à la place des autres et comportons-nous avec eux de la même manière que l’on voudrait être traité à leur place.

Ce que Je ressens est important et ce que Tu ressens aussi. Je et Tu font Nous. Ce que le Nous ressent également est important. Et je suis sûre que ce Nous souffre en ce moment et depuis trop longtemps déjà.

Mais, il n’est pas trop tard pour changer les choses. Nous avons tous le pouvoir et la possibilité d’inverser la tendance. Le monde de demain peut être plus beau que celui d’aujourd’hui, si nous le voulons et si agissons pour que cela arrive. Un meilleur Toi et un meilleur Moi feront un meilleur Nous, alors travaillons à cela. Si Je peux y arriver, Tu peux y arriver aussi et ensemble Nous y arriverons.