Devenir adulte est quelque peu traumatisant. Je sens une joie et une fierté en moi à l’idée de devenir indépendante. Mais, en même temps, je ressens une douleur en moi. C’est un peu comme si mon Moi enfant se sentait mise de côté, abandonnée et rejetée.
Je sais ce qui rend mon enfant intérieure heureuse. Et en même temps, je ne m’accorde pas le temps nécessaire pour qu’elle puisse s’épanouir. Cela fait longtemps que je ressens les choses de cette manière, et j’avoue ne pas trop savoir comment y remédier.
Personne ne m’a jamais dit que devenir adulte pouvait être aussi déroutant. J’ai l’impression que depuis notre plus jeune âge nous voulons gagner en indépendance, sans vraiment savoir ce que cela signifie.
Je sais que grandir est nécessaire et que cela fait partie de la vie. Mais, même si « grandir » rime avec « s’épanouir », cela n’est pas toujours évident. Et je suis sûre que je ne suis pas la seule à penser de cette façon.
En fait, c’est un peu comme si la liberté que je réclamais sans cesse, me faisait peur maintenant que je l’ai. Pourquoi ça ? Comme se fait-il que nous puissions ressentir de la peur à l’idée d’avoir enfin ce dont nous n’avons cesser de rêver ? Peut-être est-ce parce que nous avons peur d’échouer, peur de l’inconnu, peur de ne pas le mériter … ?
Au fond, nous avons tant de peurs et tant d’arguments pour les justifier. Mais ces peurs nous paralysent et compliquent notre vie. Elles sont nécessaires pour valoriser le courage qui existe en nous. Et en même temps, elles nous apprennent à nous dépasser, à nous prouver sans cesse que nous valons mieux et plus que ce que nous croyons.
Trouver le courage est donc le meilleur moyen de trouver le bonheur.
Je ne savais pas comment poursuivre l’écriture de ce texte après cette dernière phrase. Puis, je me suis rendue compte que je n’avais pas eu les mots pour résoudre mon conflit interne vis-à-vis de mon enfant intérieure.
En y réfléchissant bien, j’ai fini par comprendre que si elle se sent abandonnée et rejetée, c’est également à cause des peurs que je ressens en gagnant en indépendance. Quelque part, maintenant que je sais que je vais pouvoir prendre soin de mon enfant intérieure comme elle le mérite, j’ai peur de ne pas être à la hauteur pour elle.
En fait, c’est un peu comme si devenir adulte signifiait devenir parent de moi-même. Et d’un côté, c’est le cas. Je pense que c’est l’une des raisons qui me retient de lui accorder du temps pour le moment. Car, j’ai peur qu’en prenant du temps pour elle, ma peur de l’indépendance gagne en puissance.
Je suis donc partagée entre les peurs de mon enfant intérieure et celles de mon Moi actuel – je ne me sens pas encore assez mature pour dire que je suis adulte -. Je pense alors qu’en dehors de trouver du courage, il faut aussi apprendre à se laisser du temps. Cela ne veut pas dire se laisser souffrir, cela signifie apprendre à grandir et s’épanouir à la fois.
